La montée des populismes en Europe
Les élections européennes de juin 2009 ont eu pour résultats significatifs un fort taux d'abstention (57 %) et de bons scores électoraux pour les partis politiques populistes. Ces derniers sont souvent considérés comme faisant partie de l'extrême-droite ; pourquoi cette confusion, et quelles sont les caractéristiques d'un mouvement appelé à durer dans une Europe technocratique en proie à la crise et à l'islamisme ?
Deux résultats ont donné le ton lors du scrutin parlementaire de l'Union européenne: d'une part, le succès du Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders aux Pays-Bas (17 % - 4 députés) et d'autre part, l'abstention de la part de la population (57 %, dont 59 % en France). Les élites éclairées ont ouvertement déploré le manque d'intérêt croissant des citoyens envers une Europe qui donne l'impression de se construire sans l'avis des peuples, comme pour le Traité de Lisbonne, rejeté par l'Irlande mais qui sera tout de même ratifié... Elles ont en revanche observées un silence gênée quant à la percée eurosceptique hollandaise ; en effet, le nouvel homme fort des Pays-Bas Geert Wilders a bâti son programme sur le combat contre l'Islam et l'Union européenne. Taxé par la gauche néerlandaise et par les médias européens d'extrême-droite, sinon de fascisme, Wilders estime que la Hollande doit se garder d'une Europe fédéraliste et doit prendre des mesures très répressives envers les Islamistes.
Ailleurs en Europe, le Parti national britannique (BNP) fait une entrée remarquée au Parlement européen, avec 2 élus. Même score pour le Vlaams Belang en Belgique, alors que le Parti du peuple danois (DF) gagne deux sièges contre un aux dernières élections avec 13,5 % des voix. En Autriche, le Parti libéral (FPÖ) recueille 18 % et 2 sièges. Trois élus pour les partisans de la Grande Roumanie, trois pour le parti Jobbik en Hongrie, trois pour le Front national français et deux pour le mouvement Ataka en Bulgarie... Tous ces partis sont euroseceptiques et ont des idées très arrêtées sur l'Islam et l'immigration de masse.
Deux résultats ont donné le ton lors du scrutin parlementaire de l'Union européenne: d'une part, le succès du Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders aux Pays-Bas (17 % - 4 députés) et d'autre part, l'abstention de la part de la population (57 %, dont 59 % en France). Les élites éclairées ont ouvertement déploré le manque d'intérêt croissant des citoyens envers une Europe qui donne l'impression de se construire sans l'avis des peuples, comme pour le Traité de Lisbonne, rejeté par l'Irlande mais qui sera tout de même ratifié... Elles ont en revanche observées un silence gênée quant à la percée eurosceptique hollandaise ; en effet, le nouvel homme fort des Pays-Bas Geert Wilders a bâti son programme sur le combat contre l'Islam et l'Union européenne. Taxé par la gauche néerlandaise et par les médias européens d'extrême-droite, sinon de fascisme, Wilders estime que la Hollande doit se garder d'une Europe fédéraliste et doit prendre des mesures très répressives envers les Islamistes.
Ailleurs en Europe, le Parti national britannique (BNP) fait une entrée remarquée au Parlement européen, avec 2 élus. Même score pour le Vlaams Belang en Belgique, alors que le Parti du peuple danois (DF) gagne deux sièges contre un aux dernières élections avec 13,5 % des voix. En Autriche, le Parti libéral (FPÖ) recueille 18 % et 2 sièges. Trois élus pour les partisans de la Grande Roumanie, trois pour le parti Jobbik en Hongrie, trois pour le Front national français et deux pour le mouvement Ataka en Bulgarie... Tous ces partis sont euroseceptiques et ont des idées très arrêtées sur l'Islam et l'immigration de masse.
Dans les médias, on évoque "le retour de l'extrême-droite", bien que les élites chrétiennes-démocrates, socialistes et écologistes se veulent rassurantes. Même si force est de constater qu'il existe bien une dynamique à l'échelle du continent, il faut se garder des amalgames. Selon le politologue Jean-Yves Camus, membre de l'Institut des relations stratégiques, "il faut bien différencier les partis populistes des partis d'extrême droite proprement dit. Les premiers sont des mouvements issus de la droite démocratique et qui en font toujours partie. Ils ont simplement adopté un agenda plus dur sur les questions d'immigration, de multiculturalisme et d'identité nationale, avec un point commun: une défiance vis-à-vis de l'Islam". Le PVV de Geert Wilders, le DF danois, le FPÖ autrichien et le MPF français de Phillippe de Villiers font partie de cette catégorie. Ils n'ont rien à voir avec les formations nationalistes racistes, voire néo-fascistes, volontiers folkloriques et teintées d'antisémitisme et de négationnisme, qui représentent la seconde catégorie: le FN de Jean-Marie Le Pen, le BNP britannique (où seuls les Blancs peuvent militer), les partis roumains et bulgares, le Jobbik hongrois (doté d'une milice armée, comme à l'époque de la Seconde guerre mondiale) ou le Vlaams Belang, qui revendique une Flandre indépendante.
Geert Wilders interviewé par la TV danoise (en anglais).
Le terme "populiste" est employé sans disctinction par les médias et la clas se politique, pour désigner une perspective de bassesse, de vulgarité et de démagogie. Pourtant, à l'origine, le mot renvoie à une notion valorisante et noble, celui du recours au peuple. C'est de cette proximité avec le peuple dont se parent les partis de droite radicalisée (d'autres diraient "décomplexée"...): alors que l'on ne cesse d'invoquer la démocratie, il n'y a jamais eu autant de déficit démocratique dans l'Europe de 2009. Le peuple est prgressivement mis à l'écart des décisions, prises par une nouvelle oligarchie politique, oligarchique, financière, médiatique et technocratique, qui grandit grâce à la globalisation occidentale et la montée d'une Europe fédéraliste des commissaires et des directives prises à Bruxelles. Cette mise à l'écart du peuple repose, selon Chantal Delsol, sur le "vif soupçon" des élites concernant "les capacités du peuple à participer aux affaires publiques". De Gaulle, pour qui les Français étaient une "nation de veaux", n'est pas loin, idem avec le président du Parlement européen Hans Gert-Pöttering, qui affirme avec le plus grand sérieux que les Irlandais, qui ont voté "non" au Traité de Lisbonne en 2008, étaient incapables de penser ce qui était bon pour l'Union !
De plus, certains partis ont joué sur l'absence de finalité de l'Europe: le PVV de Wilders et le MPF de Villiers ont posé la question de la définition géographique de l'UE, avec l'hypothèse d'une adhésion turque. Si Villiers n'a pas obtenu le score qu'il espérait (5 % - 1 député), le thème a fortement mobilisé en Hollande.
Un autre problème européen qui favorise les populismes: l'Islam. Troisième religion de l'UE, elle ne cesse de croître en nombre d'adeptes, issus de l'immigration de masse. Entre 5 et 8 millions de musulmans vivent en France, contre environ 4 millions en Allemagne, 3 millions en Grande-Bretagne, 1, 5 million en Italie, 1 million aux Pays-Bas. Cette forte présence n'est pas sans générer de nombreux défis en matière d'intégration avec la culture islamique, radicalement différente de la culture occidentale d'essence chrétienne. Les projets de mosquées se multiplient, tandis que les prédicateurs les plus extrémistes réclamant l'application de la Charia et appelant à la guerre sainte se font entendre dans une jeunesse déboussolée, mal intégrée et en proie au chômage et à la délinquance. En France, plus de 60 % des détenus sont musulmans, et au Danemark, où vivent 500 000 musulmans, 71 % des crimes sont le fait d'immigrés de culture islamique.
De plus, certains partis ont joué sur l'absence de finalité de l'Europe: le PVV de Wilders et le MPF de Villiers ont posé la question de la définition géographique de l'UE, avec l'hypothèse d'une adhésion turque. Si Villiers n'a pas obtenu le score qu'il espérait (5 % - 1 député), le thème a fortement mobilisé en Hollande.
Un autre problème européen qui favorise les populismes: l'Islam. Troisième religion de l'UE, elle ne cesse de croître en nombre d'adeptes, issus de l'immigration de masse. Entre 5 et 8 millions de musulmans vivent en France, contre environ 4 millions en Allemagne, 3 millions en Grande-Bretagne, 1, 5 million en Italie, 1 million aux Pays-Bas. Cette forte présence n'est pas sans générer de nombreux défis en matière d'intégration avec la culture islamique, radicalement différente de la culture occidentale d'essence chrétienne. Les projets de mosquées se multiplient, tandis que les prédicateurs les plus extrémistes réclamant l'application de la Charia et appelant à la guerre sainte se font entendre dans une jeunesse déboussolée, mal intégrée et en proie au chômage et à la délinquance. En France, plus de 60 % des détenus sont musulmans, et au Danemark, où vivent 500 000 musulmans, 71 % des crimes sont le fait d'immigrés de culture islamique.
La politique des Etats est variable. Le Royaume-Uni, l'Allemagne et la Hollande sont des exemples de tolérance: des quartiers entiers vivent à l'heure du Coran et des imams prêchent le Djihad sans complexes. Cette attitude s'est révéle dangereuse, avec les attentats de Londres en 2005 et les nombreuses violences au Pays-Bas. Le Danemark a dû faire face à des révoltes islamistes lorsque des journaux ont publié des caricatures de Mahomet en 2006.
En France, le président Nicolas Sarkozy, tout en restant fidèle au principe de la laïcité, cherche à favoriser l'avènement d'un "Islam de France", tempéré et moderne... Un dessein que partagent les dirigeants de l'Europe quand ils affirment que l'Islam va, au contact des idées de l'Union, renoncer à son caractère hégémonique. Pour mener à bien son projet, Sarkozy a crée avant son élection, en tant que ministre de l'Intérieur, le Conseil français du culte musulman, qui, en théorie, aurait dû être le pont entre les autorités publiques et la communauté musulmane: cette stratégie s'est avérée être un échec, car le CFCM est depuis tombé sous la coupe de radicaux prompts à applaudir les actions du Hamas à Gaza. En attendant, les projets de construction de mosquées géantes à Marseille et ailleurs se poursuivent.
Ce qu'aurait pu craindre le président Sarkozy, c'est l'alliance de la société contre l'Islam: l'extrême-droite et la droite populiste, opposées à cette religion "étrangère", les juifs, par rapport aux évènements israéliens, les catholiques traditionnels et les protestants conservateurs, en réaction à l'idéologie islamique anti-chrétienne, et les athées, effrayés par le caractère rétrograde de l'Islam vis-à-vis des femmes et des homosexuels. Or, c'est très exactement ce qui vient de se produire en Hollande: le PVV de Geert Wilders a réuni le vote des catholiques, des athées libéraux, des homosexuels, des féministes, des intellectuels cultivés de gauche... Tous ceux qui, au Pays-Bas, ne supportent plus l'influence pesante d'un Islam conquérant, pour diverses raisons. Au Danemark, le DF, qui milite lui aussi contre l'Islam, compte des modernistes partisans de l'avortement, de l'euthanasie et du mariage homosexuel, ainsi que des conservateurs qui voient dans la religion protestante le ciment de l'identité danoise. En Suisse, l'UDC, parti populiste de centre-droit (mais taxé d'extrême-droite et de xénophobie dans les médias) hostile à l'immigration de masse, fait un tabac dans les cantons alémaniques ruraux, protestants et catholiques, et progresse dans les cantons urbains de gauche et intellectuels.
Clip électoral de l'UDC suisse, qui a obtenu 28 % des voix en 2008.
En France, Philippe de Villiers, président du MPF, mène une charge énergique contre l'Islam, et a ainsi reçu le soutien d'organisations juives, ainsi que des libres-penseurs de la revue Riposte laïque, pourtant à l'opposé de ses convictions religieuses catholiques: sans succès pour le moment, en partie à cause du terrorisme intellectuel de gauche, qui promet la tolérance et une "harmonie" des cultures, et que cautionne la droite au pouvoir.
Le populisme actuel se nourrit du système qui l'a crée. C'est en traitant avec énergie et sans tabou les problèmes qui traversent nos démocraties que l'on pourra avancer. La construction actuelle de l'Europe creuse un fossé entre les peuples et l'élite de Bruxelles, coupée des réalités. Le flou artistique entretenu autour des finalités géographiques et culturelles de l'UE doit être clarifié au plus vite. Les politiques laxistes contre des personnes qui ne respectent pas les règles du vivre ensemble doivent cesser. Le dialogue et le respect mutuel entre les cultures ne doit pas entraîner un multiculturalisme sans identité ni repères.
Le politiquement correct boycotte ces énergumènes du débat public ? Il faut pourtant écouter leurs idées, et reconnaître certaines vérités que, courageusement, ils énoncent et qui font mal (mais n'est-ce pas bon signe ?). Par le dialogue franc, des solutions seront trouvées.
Il est dans l'intérêt de la France de ne pas devoir faire appel dans les années à venir à un Geert Wilders pour régler le conflit avec l'islamisme.
Le politiquement correct boycotte ces énergumènes du débat public ? Il faut pourtant écouter leurs idées, et reconnaître certaines vérités que, courageusement, ils énoncent et qui font mal (mais n'est-ce pas bon signe ?). Par le dialogue franc, des solutions seront trouvées.
Il est dans l'intérêt de la France de ne pas devoir faire appel dans les années à venir à un Geert Wilders pour régler le conflit avec l'islamisme.
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