Samedi 27 février 2010 6 27 /02 /Fév /2010 18:01
L'auteur migre vers d'autres cieux:

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@ bientôt
Par Pierre
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Dimanche 19 juillet 2009 7 19 /07 /Juil /2009 10:29

La tension est une nouvelle fois montée d'un cran en Corée, alors que le régime communiste de Pyongyang est aux abois.

Depuis l'armistice qui met fin à la fin de la guerre de Corée en 1953, la péninsule coréenne est divisée en deux pays: le Sud, régime capitaliste de 50 millions d'âmes, soutenu politiquement et militairement par les États-Unis, et le Nord, bastion communiste de 22 millions d'habitants, appuyé par la Chine et l'URSS (jusqu'à la disparition de celle-ci en 1991). Alors que la Corée du Sud, stimulée par la mondialisation, est devenue l'une des principales puissances économiques de l'Extrême-Orient, la Corée du Nord s'enfonce dans la famine et la pauvreté après l'arrêt des livraisons soviétiques.

Sous la conduite de Kim Il Jong, protégé de Staline, la Corée du Nord devient l'avant-poste du camp communiste en Asie face aux "impérialistes" américains pendant la Guerre froide. Le "Grand leader" transforme son pays en dictature parfaite, avec une surveillance étroite de la population et une planification marxiste de l'économie. La Corée du Nord participe à toutes les opérations de guerre non-officielles de l'URSS en Libye, en Angola et au Kippour. Fidèle à son modèle russe, il orchestre autour de lui un véritable culte de la personnalit é et commence à développer un programme nucléaire. La chute du Bloc de l'Est en 1991 provoque l'isolement de la Corée du Nord, qui voit son économie s'effondrer en très peu de temps. Kim Il Jong meurt en 1994, et c'est son propre fils, Kim Jong Il, qui lui succède à la tête du parti unique, le Parti des Travailleurs.

La Corée du Nord présente le cas unique dans le monde communiste d'une dynastie "rouge". C'est également le pays avec sans doute le Turkménistan où le culte de la personnalité des dirigeants est le plus développé. La mort du "Grand leader", survenue lors d'une attaque cérébrale, a donné lieu à d'immenses scènes de pleurs dans toute la Corée du Nord, souvent interprétées comme surréalistes en Occident. Des récits des réfugiés nord-coréens témoignent toutefois de l'affection sincère des Nord-Coréens envers leur président, dont le portrait est accorché dans tous les bâtiments officiels. Sa statue massive à Pyongyang est devenue un lieu de pélerinage où les Nord-Coréens se rendent en famille, et, comme Lénine en URSS et Mao en Chine, son corps est embaumé dans un mausolée. Le culte dont fait preuve le "Grand leader", proclamé en 1998 "Président éternel", est une conséquence perverse du respect confucéen envers l'autorité et le sens de la discipline asiatique, la lobotomie collective du système communiste ayant fait le reste. A noter que sur le mont Paektu, au nord de la République populaire, des inscriptions ont été gravées dans le roc pour affirmer que l'esprit du "Grand leader" est toujours présent. Evidemment, tout autre pratique d'un culte ou d'une religion est interdite: il n'y a aucune pagode bouddique à Pyongyang, et personne ne sait ce que sont devenus les missionnaires catholiques restés en Corée du Nord après l'établissement du communisme. Il existe cependant une église orthodoxe dans la capitale pour les ressortissants russes, et un temple protestant, où, comme en Chine dans les églises officielles, on affirme que Jésus était le précurseur du communisme.

Selon le rapport d'Amnesty international, "la Corée du Nord est un champ d’exercice de l’opposition entre « eux » (les étrangers, les impérialistes, les forces du Mal) et « nous » (les nationaux, le Peuple, les Purs Coréens), parsemé de lieux sacrés (statues du leader, mausolée, lieu de naissance, Musée des Cadeaux, etc.) qui appellent différents rituels." L'ONG précis e qu'il existe des camps pour isoler, réeduquer, voire exterminer les opposants. "Ces camps ne ressemblent pas à l’image que nous, Européens, avec notre mémoire des camps nazis, voire des camps soviétiques, en avons : ils ressemblent davantage à des zones de plusieurs dizaines de kilomètres carrés avec leurs sections ou « villages », habités par telle ou telle catégorie de détenus."

Le fils du "Grand leader" Kim Jong Il, promu immédiatement "Cher dirigeant", ne dispose ni du charisme de son père ni du soutien soviétique sur qui la Corée du Nord pouvait s'appuyer. Pour survivre, Kim Jong Il accélère le programme nucléaire clandestin, ce qui lui vaut les condamnations répétées de la communauté internationale. Pour détourner le blocus américain, il développe la contrebande d'armes et de matières fissiles à destination de la Syrie, de l'Iran et du Pakistan. Des militaires nord-coréens encadrent et conseillent le Hezbollah libanais, les services secrets syriens et la garde présidentielle du Zimbabwe. En 2001, la Corée du Nord fait partie de "l'Axe du Mal" dénoncé par l'administration américaine.
Le véritable problème de la Corée du Nord, c'est la faim. Les Nord-Coréens sont rationnés, et des famines déciment les campagnes, où les habitants des régions les plus reculées sont parfois contraints au cannibalisme. Or, l'aide internationale en matière d'alimentation est régulièrement interrompue à cause des sanctions qui frappent la République populaire tant qu'elle n'aura pas mis fin à son programme nucléaire. D'où le jeu dangereux que mène Kim Jong Il depuis des années, qui multiplie les provocations, comme des tirs de missiles en direction du Japon ou le renvoi des inspecteurs de l'ONU, et des signes de bonne conduite, comme l'accueil fait au président sud-coréen en 2007.

Pourtant, depuis 2008, la situation n'a cessé de se dégrader. La Corée du Nord, tenue sous surveilance par George W. Bush, cherche à contraindre Barack Obama à lever les sanctions qui étouffent le pays. En mai 2009, un essai nucléaire particulièrement puissant confirme la possession de la bombe atomique par les Nord-Coréens. En juin, la Corée du Nord annonce ne plus reconnaître l'armistice de 1953. Les incidents à la frontière, vaste zone minée où l'armée communiste et les troupes sud-coréennes et américaines se font face, se multiplient. Le 4 juillet, fête nationale aux Etats-Unis, l'armée nord-coréenne procède à de nouveaux tirs de missiles. L'ONU a alors pris de nouvelles sanctions contre la République populaire.

 

L'avenir est incertain. D'après les services secrets de la Corée du Sud, Kim Jong Il est atteint d'un cancer et devrait décéder d'ici cinq ans. Pour sa succession, le dictateur a déjà promu son plus jeune fils Kim Jong Un à la tête du Parti des Travailleurs. Âgé de 24 ans, ce nouveau venu n'aurait aucune compétance politique ou militaire, ce qui soulève des tensions au sein de l'état-major communiste: de nombreux généraux s'étaient déjà opposés en 1994 à l'accession au pouvoir de son père. Pl usieurs officiers qui ne voulaient plus obéir à Kim Jong Il ont même fait défection ces dernières années et se sont réfugiés en Chine  pour revenir au moment propice et reconquérir pour ce qu'ils ont perdu. L'hypothèse d'un putsch militaire de la part de généraux revanchards soutenus en sous-main par une Chine désireuse de voir évoluer son voisin vers un "socialisme à la chinoise", c'est-à-dire rester une dictature politique, mais s'ouvrir à l'économie de marché, est devenu fort possible.

 

Du côté américain, le président Obama joue la carte de l'apaisement. Cet été a été marqué par la visite surprise de l'ancien président Bill Clinton en Corée du Nord. Les Etats-Unis se préoccupent plus de l'artillerie soviétique nord-coréenne, qui, en cas de guerre, pourrait faire du dégât plutôt que de la dizaine de bombes atomiques détenues par la République populaire. Mais les Américains sont plutôt satisfaits du statut quo, qui leur permet de maintenir des troupes au Sud, officiellement pour sa protection. Dès lors qu'une réunification pacifique aura lieu, les Etats-Unis ne sont pas assurés de conserver leur place dans une Corée unifiée et puissante... Une Corée que ne veut ni la Chine ni le Japon.

Par Pierre - Publié dans : International
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Mercredi 1 juillet 2009 3 01 /07 /Juil /2009 14:47
De nouvelles pistes de l'enquête sur l'attentat de Karachi en 2002, qui a coûté la vie de 11 ingénieurs français, privilégient désormais la thèse d'une affaire d'Etat à laquelle des hommes politiques de premier plan seraient liés.

Le 8 mai 2002, un kamikaze au volant d'une voiture bourrée d'explosifs jetait son véhicule contre le bus transportant des ingénieurs et des techniciens de la Direction des chantiers navals (DCN) en mission en Karachi. Onze Français ont péri dans l'attentat, ainsi que trois Pakistanais. On avait alors immédiatement évoqué la piste d'Al-Qaïda. De retour à Paris, les dépouilles des ingénieurs français avaient été décorées à titre posthume par le président Chirac. A l'époque, le Pakistan était lié à un accord de défense avec la France datant de 1994, qui fournissait à la marine pakistanaise une aide technique pour la construction de sous-marins nucléaires. Sept ans plus tard, deux suspects arrêtés suite à l'attentat, accusés de terrorisme islamiste, sont relâchés par la justice pakistanaise, faute de preuve.

Or, le 18 juin 2009, les juges antiterroristes français chargés du dossier annoncent aux familles des victimes que la piste d'Al-Qaida, jusqu'ici privilégiée, avait été abandonnée au profit de la thèse d'une affaire d'Etat. L'avocat des familles, Me Olivier Morice déclare le jour même au journal Ouest France: «On nous cache des choses»et réclame toute la lumière sur cette affaire. Que s'est-il passé ? Qui a commandité l'attentat de Karachi ? Pour quels motifs ?

La thèse des enquêteurs, qui semble se confirmer de jour en jour, est la suivante. En 1994, l'accord conclu entre la France et la Pakistan garantit aux militaires pakistanais de juteuses commissions et à l’industrie française de l’armement un joli contrat de 825 millions d’euros. En échange de ces dessous-de-table, des rétro-commissions font le chemin inverse, de Karachi à Paris, via des sociétés écrans et des paradis fiscaux. Ce formidable pactole est alors destiné à financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, Premier ministre rival de Jacques Chirac dans la course au pouvoir, dont le ministre du Budget n'est autre que le jeune et ambitieux Nicolas Sarkozy. Mais, malgré des sondages prometteurs et l'aide de TF1 et du journal BCBG Le Figaro (les mêmes qui ont soutenu Sarkozy en 2007), Balladur s'écroule, et c'est Jacques Chirac qui est élu. Pour priver Edouard Balladur de son trésor de guerre, le nouveau président  rompt la parole de la France et décide l'arrêt du versement des commissions aux Pakistanais.Ces derniers, furieux, organisent donc l’attentat de Karachi, pour "punir" la France et la forcer à reprendre les versements promis... Le Pakistan aurait donc froidement abattu des civils français pour une histoire de sommes d'argents dont ont profité des politiciens de la République !

L'affaire est sérieuse. C'est digne d'un roman d'espionnage de Tom Clancy. Mais l'histoire prouve que parfois la fiction de ne s'éloigne pas beaucoup de la réalité. Il est désormais avéré que les attentats qui ont ensanglanté la France dans les années 1980 étaient l'oeuvre des services secrets iraniens pour obliger l'Etat français à restituer à l'Iran le prêt "Eurodif", qui avait servi à construire les centrales nucléaires de Pierrelatte et de Tricastin. Vous ne voulez plus payer ? Boum ! Vous nous devez du pognon ? Boum ! Rien de plus simple, ensuite, d'accuser les organisations terroristes qui ne manquent pas dans ce monde instable. Des terroristes musulmans bien réels dont certains pays se servent pour des motifs moins religieux...

L'hebdomadaire Le Point évoque l'existence d'un document daté de septembre 2002: "Sous le nom de code « Nautilus », il résume les conclusions d’une mission de renseignement commandée par la DCN dans les mois qui ont suivi l’attentat. (...) Le texte débute ainsi : «  Après de nombreux contacts, tant en Europe qu’au Pakistan, nous parvenons à la conclusion que l’attentat de Karachi a été réalisé grâce à des complicités au sein de l’armée.  » Les auteurs anonymes précisent que « les personnalités militaires ayant instrumentalisme le groupe islamiste qui a mené à bien l’action poursuivaient un but financier » : le versement de « commissions non honorées » sur la vente des sous-marins, dans le cadre du contrat Agosta. Le rapport affirme en effet que ces versements avaient été interdits par Jacques Chirac en 1995, aussitôt après son entrée à l’Elysée, afin d’ « assécher les réseaux de financement occultes » au service d’Edouard Balladur. Mais le veto présidentiel aurait, par ricochet, privé certaines personnalités pakistanaises des sommes qu’elles attendaient". Interrogé le 23 juin par Paris Match, l'ancien ministre de la Défense de Chirac en 1995 confirme: "Jacques Chirac m’a demandé de passer en revue les différents contrats de ventes d’armes en cours et de stopper le versement des commissions pouvant donner lieu à des rétrocommissions. C’est ce qui a été effectué."

Dès le 19 juin, le président de la République Nicolas Sarkozy est  interrogé en conférence de presse à Bruxelles par un courageux journaliste de l'AFP qui ose la question suivante: "il semblerait que l’origine de l’attentat ne soit pas due à un acte terroriste mais plutôt à des représailles de l’Etat pakistanais après le non versement de commissions. On parle même de rétro-commissions qui auraient pu alimenter la campagne d’Edouard Balladur en 1995. Est-ce que, en tant que ministre du Budget, vous avez été au courant de tels accords ?". Le chef de l'Etat se défend aussitôt, prenant un ton assez méprisant: "Enfin écoutez c’est ridicule. Franchement, monsieur, franchement c’est ridicule. Pas vous, hein, je me permettrais pas, je vous respecte mais enfin écoutez. (...) C’est grotesque, voilà, c’est ma réponse. (...) On est dans un monde où tout se sait, où la notion de secret d’Etat n’existe plus. (...) S’il vous plaît mais qui peut croire à une fable pareille ? Qui peut croire à une fable pareille ? (...) Non pardon, hein, je ris pas du tout parce que Karachi c’est la douleur de familles et de trucs comme ça… mais… qu’est-ce que vous voulez que j’aille répondre là-dessus ?"

Le président Sarkozy donne deux réponses étranges. D'abord, il affirme que les accusations portées contre l'Etat français sont "ridicules". Soit. Cependant, si la responsabilité d'Edouard Balladur est avérée, il serait incompréhensible que son fidèle lieutenant n'ait pas été tenu au courant. Le site internet Bakchich vèle qu'en mars 2007, un rapport de la Division nationale des investigations financières remis à la justice note qu'une société a été crée au Luxembourg en 1994 «  avec l’aval du ministre Nicolas Sarkozy » pour aider à la distribution de commissions sur des ventes de "sous-marins"... Ensuite, Nicolas Sarkozy affirme que "la notion de secret d'Etat n'existe plus". Il s'agit d'un mensonge grossier. Le secret d'Etat existe, et il est nécessaire au bon déroulement de certaines manoeuvres,  militaires notamment, relevant de la sécurité nationale. Le danger de ce secret est bien sûr de permettre à l'Etat de supprimer les informations qui limiterait son impunité.

On remarquera que le président utilise le terme "trucs" pour désigner la douleur des familles des victimes. C'est une atteinte à la dignité de personnes qui attendent le résultat d'une instruction en cours.

L'affaire de Karachi, qu'on surnomme déjà comme le "Karachigate", sera-t-elle étouffée et classée, comme le scandale de la vente des Frégates de Taïwan, qui arrosait de nombreux politiciens, gauche et droite confondues ? En tout cas, force est de constater que la vérité, même partielle, finit toujours pas ressurgir.

Enfin, un dernier élément, qui ferait plutôt sourire, s'il n'était pas question de mort d'homme: pour se venger de cet affront fait à la France, les services secrets de la DGSE ont appliqué la loi du talion quelques mois après l'attantat de Karachi en liquidant un militaire pakistanais de haut rang... et en brisant les jambes de trois amiraux de la marine du Pakistan. Nom de l'opération: "Casser des genoux". Quel humour, ces barbouzes ! Oeil pour oeil, dent pour dent.
Par Pierre - Publié dans : Politique
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Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /Juin /2009 19:29
Le Pape Benoît XVI a ouvert l'Année sacerdotale le 19 juin 2009 par une lettre adressée aux prêtres du monde entier, dans laquelle il rappelle l'exemple du St Curé d'Ars, alors que l'identité du prêtre est remise en question.

Un mois avant le début de l'Année sacerdotale, un scandale a entaché l'Église catholique américaine:  alors qu'aux Etats-Unis, en Australie, et même en Grande-Bretagne, des milliers d'Anglicans, dégoûtés par la dérive moderniste de l'Église anglicane (bénédiction du mariage homosexuel, ordination de femmes prêtres et évêques...), rejoignent l'Église catholique, un des prêtres les plus appréciés des États-Unis, le Père Alberto Cutié, véritable star médiatique, a quitté sa paroisse de Floride pour faire le chemin inverse. La raison ? Le fougueux padre latino s'est entiché d'une belle divorcée et des photos du couple enlacé sur la plage de Miami sont parues dans la presse people. Sommé par l'archevêque de renoncer à sa liaison, il a choisit de changer d'Eglise (un exercice courant aux USA, où chaque habitant change trois fois de communauté religieuse en moyenne pendant sa vie), car chez les Anglicans, le célibat des ecclésiastiques n'est pas obligatoire. Le 31 mai, Alberto Cutié se rend donc au culte à la Episcopal church of Ressurection, accompagné de sa fiancée. Très vite, un sondage circule dans la communauté hispanique de Floride, qui se dit suite à cet évènement favorable à 71 % au mariage des prêtres.

Un malheur n'arrivant jamais seul, le cardinal-archevêque de Vienne Kristoph Schönbrun a transmis à Benoît XVI le 15 juin une pétition de fidèles autrichiens en faveur de l'abolition du célibat des prêtres, de l'accès à la prêtrise pour les femmes et de l'ordination des hommes mariés. Aussitôt, un prêtre réputé du diocèse de Linz, Josef Fiedl, rendait public son concubinage avec une femme. Troublante coïncidence, un sondage TNS-Sofres paru le 18 juin dans le journal français La Croix affirmait que 73 % des catholiques pratiquants seraient favorables au mariage des prêtres (contre 82 % des Français), ainsi que 67 % favorables à l'ordination des femmes.

Le débat autour du mariage des prêtres n'est pas récent. Déjà, dans les excès des années 1970, certains curés français poussés par un "esprit du concile Vatican II" (ou par l'esprit de Mai 68 ?) avaient quitté l'Église pour prendre femme sous les applaudissements des médias. Il n'est pas rare que la question resurgisse ponctuellement, et provoque parfois de vifs débats chez les Catholiques. Le célibat sacerdotal n'est pourtant pas une obligation biblique. Jusqu'au XIIe siècle, les prêtres pouvaient se marier et fonder une famille, mais assez vite, on a objecté qu'un homme ne pouvait se consacrer entièrement à Dieu et à sa famille en même temps. Depuis, l'Église catholique romaine seule a conservée cette discipline, alors que les Églises protestantes et l'Église anglicane permettent le mariage des pasteurs, et que les Églises orthodoxes admettent l'ordination d'hommes mariés (ce qui est différent du mariage des prêtres), de même que plusieurs communautés catholiques orientales.

Le célibat est indissociable de la nature du prêtre. Pour l'Église catholique, le prêtre est celui qui a fait le libre choix de vivre selon le Christ. En ce sens, il a été ordonné et consacré, inscrit dans la lignée des Apôtres. Chez les Protestants, le pasteur, qui peut être une femme, n'est pas une personne consacrée ; c'est un professeur de théologie - prédicateur qui enseigne la Bible et conduit une communauté, il n'a donc pas de promesse de célibat à respecter (Luther le théologien avait bien vu les choses). Pour les Orthodoxes, enfin, le prêtre se situe dans la succession apostolique, mais à la différence des Catholiques, il ne peut imiter Jésus, qui est la perfection divine, et doit se contenter de ressembler aux disciples, dont certains étaient mariés. Cependant, un prêtre orthodoxe qui a fait voeu de célibat avant son ordination doit s'y tenir, de même que la fonction d'évêque, parce qu'elle demande un total engagement, est réservée au célibataire.

La prêtrise catholique n'est pas un métier ou une "fonction": elle un "état" de vie. Quand un homme se marie, il choisit librement un état de vie qui implique pour lui d'assumer les fonctions d'époux, de père, d'éducateur des enfants. On ne choisit pas de devenir époux ou épouse comme on choisit d'être boulanger: on est boulanger durant le temps légal de travail, et après on passe à autre chose. On est époux tout le temps, toute sa vie. Il en est de même pour la prêtrise : la prêtrise est d'abord un état de vie et non un métier comme un autre. Or la prêtrise, en tan t qu'état de vie, oblige à deux choses: une disponibilité totale dépassant le cadre d'une famille, et une vie conforme à celle du Christ. Cette identité essentielle est telle que le prêtre, à la messe, dit bien: "ceci est MON corps..." et non pas "ceci est le corps du Christ". "MON": le prêtre est ici totalement identifié à celui dont il est le ministre.

La rhétorique des partisans du mariage des prêtres dissimule en réalité d'autres enjeux pas très catholiques: d'une part, il s'agit de désacraliser la notion de prêtre en tant que serviteur de Dieu sur Terre pour en faire un pasteur protestant, c'est-à-dire un homme comme les autres. D'autre part, cette polémique s'inscrit dans l'évolution du monde moderne. A en croire certains "observateurs", si l'Église catholique perd des fidèles en Europe c'est parce qu'elle refuse de changer d'image et de se fondre dans les modes... Une dangereuse erreur: l'Eglise anglicane est la plus touchée par la fuite des croyants, et ce, malgré le fait d'avoir ordonné évêque d'Australie la so british Mrs Kay Goldsworthy en 2008.

Le prêtre n'a pas vocation à suivre le courant de la société actuelle. Il doit justement se faire le messager d'un Christ qui dépasse les cultures et les époques. Cependant, la situation des prêtres devient malgré tout difficile dans un Occident sécularisé en proie aux caprices et aux plaisirs éphémères. Alors que les vocations se font rares en Europe, elles progressent en Afrique et en Asie. Benoît XVI, conscient de cette remise en cause, se soucie  de faire réfléchir sur l'identité même du sacerdoce. Dans sa lettre adressée aux prêtres du monde, le Pape explique: "L'Année sacerdotale veut contribuer à promouvoir un engagement de renouveau intérieur de tous les prêtres afin de rendre plus incisif et plus vigoureux leur témoignage évangélique dans le monde d'aujourd'hui". Il prend exemple sur le saint patron des prêtres, le curé du hameau d'Ars, modeste ecclésiastique du XIXe siècle perdu dans un village déchristianisé du Lyonnais qui, à force de sacrifices et de prières, parvient à convertir les habitants de sa paroisse. "Les enseignements et les exemples de Saint Jean Marie Vianney peuvent offrir à tous un référence forte: le Curé d'Ars était très humble, mais il avait conscience, comme prêtre, d'être un don immense pour son peuple." Le prêtre est vital pour la communauté des fidèles. C'est lui qui célèbre la messe, qui confesse, qui accueille... C'est lui qui fait don de sa vie pour Dieu et les hommes. "Une telle chose ne dépend pas de nous, mais du Christ. Le Pape a raison de rappeler que le sacerdoce est un don de Dieu. Nous n'avons rien inventé" déclare Mgr Castet, évêque de Luçon.

Les crises du monde moderne sont le signe que la soif d'absolu reste intacte. La Russie communiste athée est devenue après la chute du Mur la patrie d'un christianisme orthodoxe triomphant.  Aux États-Unis, pays sans doute le plus matérialiste du monde, les Églises et diverses communautés religieuses sont innombrables. La Chine, bastion d'un marxisme reconverti dans la folie de la consommation à grande échelle, compte plus de 70 millions de chrétiens, Catholiques et Protestants confondus... Pour redonner son sens à la vie, il faut autre chose qu'une voiture et du pain. Cela, le Pape l'a compris, et c'est pour cela qu'il souhaite que les vocations soient nombreuses... "car la moisson est abondante".
Par Pierre - Publié dans : Religion
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Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /Juin /2009 11:31
Pour ne pas mourir idiot, je suis allé samedi dernier 20 juin entre les révisions du bac assister à la "marche des fiertés" (car on ne dit plus Gaypride, ça fait trop plouc) de Lyon, dont le thème de l'année 2009 était les Transsexuel(le)s... En rentrant chez moi, j'étais convaincu qu'il y avait beaucoup de choses à raconter.

D'abord, la musique est rapidement soûlante !
La techno à fond la caisse, ça va bien 5 minutes mais c'est comme la philo de Herr Schopenauer, il faut savo ir doser. Ensuite, je ne saurais comprendre cet acharnement à mettre du rose partout ! Je croyais que plus y avait de couleurs, plus on étaient fous ! Chaque métier avait droit à sa délégation de "gays friendly": les flics municipaux, si virils avec leur bel uniforme, les commerçants, et même le personnel de la TCL (vous savez, celui qui est toujours en grève, parce que conduire les bus assis, c'est fatigant)! Il ne manquait plus que la délégation des éboueurs, des avocats, des bibliothécaires et des militaires... Et tout ce beau monde s'embrassait sous les jets de préservatifs lancés à la foule.

Mais tout ça n'est pas un problème. Ce qui est moins drôle, c'est l'irrespect du corps des personnes. Harpies en string qui se déhanchent, hystériques déguisés en animaux imitant une sodomie... Le défilé proclame un incroyable mépris du corps à la limite de la pornographie. Ce qui est intime est exhibé devant tout le monde. Mépris du corps de soi et du corps de l'autre, alors que divers slogans affichent la "fierté" d'être "pute" ou d'être "pédé"... Quand je pense que des gens y ont emmené leurs enfants ! "Oh, regarde Kimberley, les jolis déguisements"... Ou encore: "Vas-y Bryan ! Agite le joli drapeau arc-en-ciel "...
J'ose croire que des personnes homosexuelles refusent d'être confondues avec des gens qui mélangent vie privée et publicité de rue. Il y a une limite entre ce qui est un choix personnel ou une orientation acceptée, qui ne regarde personne, et une sorte de marketing agressif fait dans le but de choquer, le tout sous la houlette d'une obscure boîte de nuit (avec un nom original en plus: Pink !) en mal de profit qui conviait tous ces joyeux excités à dépenser leur argent le soir-même dans leurs boissons !

Mais le plus intéressant est à venir. Le défilé est passé près de la grande église St Nizier. Un des leaders de la manif a alors hurlé au micro: " Hé oui ! Regarde Jésus ! Nous sommes gays ! Nous sommes lesbiennes ! Nous sommes bi ! Nous sommes trans ! Nous sommes les réprouvés de l'enfer ! Fuck le Pape ! Benoît assassin !" ... Non content d'être allé frapper aux portes de la basilique de Fourvière au lendemain de la polémique sur les propos du Pape avec des slogans injurieux (et soutenus par quelques conseillers municipaux bouffeurs de curés), les lobbies gays radicaux poursuivent l'Église catholique de leur haine, coupable selon eux, de discriminer les homosexuels.

Quelle tristesse ! Quelle souffrance de voir ces gens se sentir rejetés de Dieu !

Voilà ce que dit la Congrégation pour la Doctrine de la foi: « les hommes et les femmes ayant des tendances homosexuelles doivent être accueillis avec respect, compassion, délicatesse. À leur égard, on évitera toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont en outre appelées comme les autres chrétiens à vivre la chasteté. Mais l'inclination homosexuelle est objectivement désordonnée et les pratiques homosexuelles sont des péchés gravement contraires à la chasteté ». L'Église ne condamnera jamais les personnes, mais considère l'homosexualité comme une faute. Ce n'est pas exactement ce que prétend ce pseudo-DJ devant St Nizier. Et si les Catholiques étaient à ce point homophobes, l'archevêque de Lyon Mgr Barbarin n'aurait pas reçu les représentants des associations gays et lesbiennes pour clarifier la position de l'Eglise.

Nous parlons de personnes ! Une personne n'est pas réductible à son orientation sexuelle ou à ses comportements ! Dire que quelqu'un est "Gay" ou "Bi" avant de le considérer comme quelqu'un d'unique, c'est lui amputer sa personnalité et lui mettre une étiquette sur le front.

Je suis reparti songeur. En tête de cortège, une banderole: "Drogué(e)s et avortées, avec nous !" Quel amalgame avec l'homosexualité ! Et quelle stupidité ! Qui peut dire que se droguer, enrichir les dealers, et tuer son bébé, traumatiser les femmes à vie, sont des projets humanistes ?

Il y avait aussi ce panneau, où la case "Homme" et la case "Femme" avaient été barrées à côté d'un mot d'ordre:" Ni l'un ni l'autre, Gays !". Tout un programme... Les partisans du mariage gay cherchent à mettre l'union entre deux personnes de même sexe au même niveau que l'union d'un homme et d'une femme, quitte à nier la différence des sexes.

Il serait très paradoxal de faire disparaître la différence homme/femme au nom de la "différence" revendiquée par les personnes qui défilaient dans Lyon... 
Par Pierre - Publié dans : Société
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Vendredi 19 juin 2009 5 19 /06 /Juin /2009 16:51
Abstention massive ; protectionnisme ; poussée des populistes et des eurosceptiques ; absence de finalités politique, géographique et civilisationnelle... Et si le scrutin du 7 juin 2009 était l'occasion de faire changer l'Union européenne ?

Nigel Farage est un député anglais au Parlement européen. Ce sujet de Sa Gracieuse Majesté à l'air dégingandé, natif de Farnborought, dans le comté du Hampshire, est la caricature parfaite du conservateur britannique tranquille attaché à l'indépendance et à la particularité de son île, avec son tea, ses cottages, ses centaines de congregations protestantes différent es et son boeuf bouilli.
Président du groupe Indépendance et Démocratie à Strasbourg (20 élus, dont le français Philippe de Villiers), Farage est aussi le leader du United Kingdom Independance Party, un mouvement politique plus que souverainiste dont le programme est simple: faire sortir au plus vite le Royaume-Uni de l'Union européenne ! Un exemple du fameux humour anglais ? Les membres du Parlement européen aimerait bien que ce soit simplement une blague. L'UKIP est arrivé deuxième lors des élections au Royaume-Uni, avec 14 députés, et devant le Labour de Gordon Brown, pourtant pillier de la Social-démocratie de l'UE... Et ce que ces élus UKIP ont à dire est d'un autre registre que le concert de louanges adressé d'habitude à l'Europe: avec son typique accent du Kent, Nigel Farage est le premier à dénoncer le caractère "anti-démocratique" du Parlement du Strasbourg. Bigre ! Ou plutôt shocking ! L'Europe de Bruxelles n'est-elle pourtant pas le modèle de démocratie qu'on nous promet ? N'est-elle pas ce paradis kantien où l'Homme pourra atteindre sa véritable nature, à l'abri des guerres et des "populismes" ?


Nigel Farage force le trait. Il agite le spectre d'un Parlement soviétique et caricature la réalité. L'Europe n'est pas l'URSS. L'Europe est quelque chose d'unique, un formidable élan de générosité et d'imagination qui rassemble les différents pays autour d'un projet commun. Pourtant, il pointe un problème grave, qui est le mépris du peuple de la part des élites chrétiennes-démocrates, socialistes et écologistes de Bruxelles. La volonté démocratiquement exprimée des citoyens qui composent l'Union a été bafouée, comme lors des "non" français, hollandais et irlandais que l'on a transformé en "oui" de force, sous prétexte d'un intérêt supérieur de la construction européenne. Nul ne peut donc s'étonner après ça du dégoût de 57 % des électeurs européens.

A ce triste constat s'ajoute d'abord l'incapacité de l'Europe de protéger les européens de la crise économique. Par ses directives, Bruxelles détruit sur le plan national tout ce qui pouvait s'y opposer. Le libre-échangisme à outrance voulu par l'Allemagne pour développer ses exportations aggrave les effets de la crise, alors que les Pays baltes et la Hongrie peuvent dire adieu à un plan de stabilisation de leurs banques.

Mais ce qui est plus grave, c'est l'absence de finalités et de définitions de l'UE. L'Europe est-elle un produit de l'universel, ou un héritage géographique et culturel propre ? Ce n'est pas être populiste que de reconnaître que les racines de ce continent sont chrétiennes. Que notre civilisation est issue de la pensée grecque, de l'humanisme, des Lumières. Que si notre identité était uniquement basée sur les droits de l'homme, la démocratie et le progrès, tous les pays auraient vocation à devenir européens. Mais ce n'est pas la priorité de Bruxelles de le dire. L'Europe, construction sans identité ni histoire.

Loin de constituer un pôle indépendant sur la scène internationale, entre la Chine et les Etats-Unis, l'Europe se soumet au grand frère américain. Elle se jette dans les bras d'un OTAN globalisé, outil des intérêts américains contre la Russie orthodoxe. Elle discute, enfin, de l'adhésion de la Turquie, pilier de la stratégie américaine au Moyen-Orient, en attendant la Géorgie et Israël, protégés de Washington ?
En réalité, l'Europe ne veut pas se défendre elle-même, persuadée que la guerre ne peut arriver qu'aux autres (et la Yougoslavie, c'est quoi ?) et qu'il vaut mieux laisser les Américains se charger de sa sécurité. Plus de guerre ! Paix aux hommes ! Joie éternelle sur la Terre ! Ce qui ressemble aux cantiques de Noël chantés par le catholique "père de l'Europe" Robert Schuman est devenu le credo de la politique de l'UE, petite Suisse qui pense être à l'abri, bien au chaud sous un parapluie d'acier made in USA. L'Europe se nourrit du mythe que la guerre appartient au passé, et que ses valeurs démocratiques ne la feront plus jamais retomber dans les horreurs d'un conflit armé. Dangereuse illusion. L'UE n'est pas à l'abri de ses contradictions ni de la nature humaine. Elle laisse d'ailleurs germer les graines de la violence en son sein, avec l'immigration sauvage de masse et l'indépendance du Kosovo, qui va entraîner une réaction en chaîne.

Le rêve de l'Europe fédérale chère à la commission de Bruxelles et aux euroenthousiastes de Paris est-il mort pour autant ? A en croire Jean Dominique Giuliani, de la fondation Robert Schuman, le fait que la majorité de droite au Parlement de Strasbourg soit sortie confortée des dernières élections est un évènement majeur, qui va enfin amener les peuples vers l'aboutissement du projet des Pères fondateurs... Que c'est beau !

Les prochaines décisions seront décisives pour les peuples d'Europe. Car, quoi que revendiquent Nigel Farage et les divers europhobes, notre destin est à présent lié. Nous allons tous sur le même chemin... Mais lequel ?

Dernier détail amusant: à Farnborought, lieu de naissance et fief du député UKIP Farage, se trouve la St Michel's abbey, qui abrite la dépouille de Napoléon III. Le monarque avait en effet fini ses jours en Angleterre, chassé par ses anciens sujets et par sa défaite contre la Prusse en 1870. Or, cet empereur moderne avait mené une politique révolutionnaire en Europe ; il avait brisé l'équilibre du Congrès de Vienne, aidé à l'unification de l'Italie et redessiné la carte du continent selon le principe des NATIONS: chaque peuple doit pouvoir disposer de lui-même dans un Etat qui lui est propre ! L'antithèse de l'Europe fédéraliste défendue par Bruxelles et combattue par Nigel Farage...


Par Pierre - Publié dans : Politique
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